24 juillet 2024

Media Foot DZ

La crédibilité en ligne

Équipe Nationale | CAN 2023 : les confidences de Djamel Menad

L’ancien buteur de l’équipe nationale et joueur vedette de la JS Kabylie des années 1980 et 1990 Djamel Menad, a indiqué que l’échec à se qualifier au Mondial 1990 en Italie, a stimulé les « Verts » pour se donner à fond et remporter leur première étoile africaine à domicile en 1990, en dominant le Nigeria en finale (1-0).

« Rater l’opportunité de jouer la Coupe du monde 1990 en Italie, au terme de la double confrontation face à l’Egypte (aller : 0-0, retour : 0-1), nous a stimulé et encouragé pour remporter la CAN 1990 chez nous (aux dépens du Nigeria : 1-0, NDLR). Nous avons parlé entre nous les joueurs sur la nécessité de se racheter devant nos supporters. Tout le monde connait la suite », a déclaré à l’APS Menad, qui avait terminé cette 17e édition en tête du classement des buteurs avec 4 réalisations.

Interrogé sur les souvenirs qu’il garde encore de cette aventure à la CAN-1990, sous la conduite de feu Abdelhamid Kermali, Menad s’est montré ému.

« La concentration avait atteint son paroxysme au sein des joueurs, en plus du discours fort prononcé par Kermali, qui nous a beaucoup encouragé et nous a donné une énergie supplémentaire. A l’issue de la large victoire décrochée en match d’ouverture face au Nigeria (5-1), nous avions compris qu’on avait les moyens d’aller jusqu’au du tournoi ».

Et d’enchaîner : « Le soutien de nos supporters et de la presse nationale étaient deux autres facteurs qui nous ont donné des ailes pour poursuivre sans faute notre aventure dans cette compétition ».

Djamel Menad (63 ans) a estimé que la CAN 1990 organisée par l’Algérie « avait permis à notre pays de réussir à tous les niveaux ».

« La consécration de l’Algérie était sur toute la ligne : l’équipe nationale est championne d’Afrique avec la meilleure attaque et la meilleure défense, j’ai terminé meilleur buteur, alors que Rabah Madjer a été désigné meilleur joueur du tournoi, en plus du prix du fair-play, c’était la véritable razzia. Nous étions si heureux et fiers de ce qu’on a pu accomplir, d’autant que c’était chez nous ».

« Les matchs n’étaient guère faciles comme le pensaient certains, à l’image des deux tests cruciaux face au Sénégal (2-1) en demi-finale et devant le Nigeria en finale (1-0), au cours desquels nous avions beaucoup souffert, notamment en raison de la fatigue dû au cumul des matchs en un laps de temps court, mais nous avons relevé le défi pour offrir à l’Algérie son premier titre continental », a-t-il affirmé.

Ne pas sous-estimer l’adversaire et jouer pour rééditer l’exploit de 2019

Menad a évoqué ensuite la prochaine CAN-2023 (reportée à 2024) en Côte d’Ivoire (13 janvier-11 février), et les chances de l’équipe nationale, qui reste sur une élimination sans gloire au premier tour de la précédente édition tenue en 2022 au Cameroun.

« Nos joueurs ne doivent absolument pas sous-estimer leurs adversaires, et jouer avec la hargne et l’envie pour rééditer l’exploit de 2019 en Égypte . Je pense que notre sélection est sur la bonne voie, au vu du rendement affiché lors des derniers matchs. Nous devons attendre le premier rendez-vous de la CAN (le 15 janvier face à l’Angola, NDLR) pour voir le vrai visage de l’équipe et le juger ensuite ».

L’ancien goleador de la JSK a prévenu contre tout excès de confiance en Côte d’Ivoire, expliquant l’élimination prématurée au Cameroun par « une certitude démesurée. »

« L’Algérie va aborder la compétition dans la peau du favori de son groupe pour se qualifier au prochain tour, mais les surprises ne sont pas à écarter dans ce genre d’événements. En 2022, les joueurs avaient abordé le tournoi avec un excès de confiance fatal, eux qui étaient les détenteurs du trophée, ce qui a fait qu’il sont tombés dans la facilité ».

Enfin, Menad a tenu à donner un conseil aux joueurs de l’équipe nationale. « Je tiens à lancer un message au groupe en général, et aux attaquants en particulier, celui de continuer à travailler et de croire en leurs moyens pour aller le plus loin possible. Nous avons des joueurs d’expérience qui savent gérer ce genre de tournoi », a-t-il conclu.